De toutes les incitations au cul qui dégoulinent des vitrines des kiosques à journaux, « l’astrosexe » est celle qui me laisse le plus embarrassé. Que ne fallait-il pas encore inventer pour succomber au péché de la chair ! Clara Morgane en string ? Complètement dépassé. Le journal du Hard ? Has been. Dorénavant, il ne faut jurer que par les « astro-positions coïtales de la femme balance » et « les meilleures positions sexuelles selon le signe du zodiaque de votre partenaire ». Dans le cas contraire, vous êtes passible d’opprobre éternel pour troubles à l’ordre cosmique…
L’interdit sexuel que l’on croyait dépassé nous revient paradoxalement en plein dans la poire. L’ancien dogme religieux a dénoncé le cul hors mariage ; le nouveau dogme céleste préside dorénavant à la partouze sans fin. L’ironie de l’histoire est tristement exemplaire : chaste ou néophyte de la fellation parfaite, votre corps ne s’est toujours pas émancipé de la contrainte.
L’injonction à la liberté sexuelle se propage désormais dans les manchettes des magazines. « Foutez ! » semble être le mot phare qui dirige le monde – et tout le business qui va avec. « Dans la mesure où vous faîtes 1,80 mètre pour 65 kilos, que vous fréquentez trois boîtes de nuit échangistes, que vous couchez avec douze partenaires durant l’été et que vous avez trompé votre époux(se) par trois fois durant les six derniers mois, vous êtes libres ! », nous répète-t-on à l’envi. Mais sans le savoir, ce retournement de tendance nous a davantage cloîtré que nos ancêtres.
Pendant ce temps, je m’échine encore à trouver le lien de causalité entre mes chances de casser pour de bon les pattes arrières de ma charmante voisine de pallier et le positionnement de la galaxie du Centaure, située à 25 000 années lumières de ma cage d’escalier ! M’enfin … si vraiment, comme le dit mon astrosexe, je ne la choperai pas au Printemps, assurez-moi au moins que ce n’est pas parce que je suis un looser ?
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