Why ?

Peut-on encore échapper au Capharnaüm

Hypolite B. ausculte les 100 mots qui fâchent...

Capharnaüm ?

Définition: Lieu où s'entasse un bric à brac d'objets divers

Synonymes: Bazar, bordel, bric-à-brac, confusion, désordre, encombrement, entassement, fourbi, méli-mélo, pêle-mêle, pagaille ...

Citation: "Les bureaux du « génitron » en fait de terrible désordre, de capharnaüm absolu, de pagaye totale, on pouvait pas voir beaucoup pire... (...) un méli-mélo tragique, tout crevassé, décortiqué, toute l'œuvre à Courtial était là, en vrac, en pyramides, jachère..."
(CÉLINE, Mort à crédit)

Histoire: Capharnaüm, ville située au bord du lac de Tibériade, où Jésus fut assailli par une foule hétéroclite de malades faisant appel à son pouvoir guérisseur

Mercredi 22 février 2006 3 22 02 2006 11:14

Tout l’hexagone résonne en ce début d’année d’une nouvelle injonction censée être la clé du vivre-ensemble : « respect ». Il n’est pas un jour sans que l’on nous invite au respect: respect de la vie privée ; respect de l'environnement ; respect dû aux aînés ; Chirac et Villepin appellent au respect à propos des caricatures de Mahomet ; Villepin appelle au respect des droits de l'homme en Tchétchénie. Quant à l’association Ni putes ni soumises, elle milite pour une mixité basée sur le respect. Ajoutons-y le dernier film de Fabienne Godet, « Sauf le respect que je vous dois », et le nouveau magazine trimestriel Respect qui vient tout juste de sortir... Le respect, c’est le nouveau fonds de commerce des commerciaux et des politiques réunis.

Et pourtant, quel terme insupportable !

Respect : « sentiment qui incite à traiter quelqu’un avec égards, considération, en raison de son âge, de sa position sociale, de sa valeur ou de son mérite », selon le Littré. Ce mot révèle surtout à quel point nous sommes infichus de nous supporter les uns les autres … « Respect », ça a un côté accord a minima, vaguement hypocrite ; ça sent le traité de non-agression mutuelle, le dénominateur commun le plus faible sur lequel on puisse encore s’entendre avant de dégainer les Magnum 357. Ambiance dans les chaumières!

Entre trois flonflons et deux feux d’artifices, voici le discours du 14 juillet 2006 – son dernier, j’espère - que je voudrais entendre dans la bouche de Chirac :

« Mes chers compatriotes,

J'ai souvent proféré des tas de conneries, mais écoutez moi bien cette fois-ci: je sais que vous êtes à deux doigts de vous foutre les uns sur les autres, mais un petit effort, bon Dieu ! Je ne vous ai tout de même pas demandé de courtoisie les uns envers les autres, que je sache ! Pas même d’estime envers votre tuteur ; ni d’affection pour votre pauvre mère ; encore moins d’honneur envers les rescapés de la Grande guerre ; ne parlons pas de politesse envers le poulet du carrefour ; pas de compassion pour le clodo du quartier ; pas de révérence pour le rabbin du coin ; pas de vénération pour le Prophète ; pas d’amour pour le prochain ; même pas de dévouement pour la patrie ! Juste le minimum syndical - un peu de respect, bordel ! Allez, respectez votre prochain comme vous-mêmes autant que je respecte mes promesses de campagne ! Ensuite, vous pourrez vous caraméliser la poire au buffet illusoire de la fraternité...

Vive la République! Vive la France! »

Par Hypolite Brindavoine - Publié dans : Des mots pour faire du vent
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