
Peut-on encore échapper au Capharnaüm ?
Hypolite B. ausculte les 100 mots qui fâchent...
Définition: Lieu où s'entasse un bric à brac d'objets divers
Synonymes: Bazar, bordel, bric-à-brac, confusion, désordre, encombrement, entassement, fourbi, méli-mélo, pêle-mêle, pagaille ...
Citation: "Les bureaux du « génitron » en fait de terrible désordre, de capharnaüm absolu, de pagaye totale, on pouvait pas voir beaucoup pire... (...) un méli-mélo tragique, tout crevassé, décortiqué, toute l'œuvre à Courtial était là, en vrac, en pyramides, jachère..."
(CÉLINE, Mort à crédit)
Histoire: Capharnaüm, ville située au bord du lac de Tibériade, où Jésus fut assailli par une foule hétéroclite de malades faisant appel à son pouvoir guérisseur
Chers Capharnaümnautes, la communauté des casseurs de Capharnaüm s'élargit, avec l'entrée dans le giron de la lutte verbale de la bien nommée Loulotte Poivrotte. Loulotte a tenu à nous faire part d'une ébauche de réflexion sur ...
De même que tout le monde « fait du social », tout le monde semble « faire de la culture » dans sa vie quotidienne. Pas étonnant lorsque l’on réalise que le concept de « culture » est né d’un autre plus large, celui de « civilisation ». Il englobait alors morale, société, systèmes de valeur, styles de vie. D’autres, humanistes notamment, dotaient l’accès à la culture d’une dimension intellectuelle, voire spirituelle.
La culture, aujourd’hui, semble être restée dans les esprits une sorte de mélange plus ou moins harmonieux de toutes ces références. Le terme évoque aujourd’hui un domaine incompris, injustifié, faussé par son côté toujours plus économique. L’art et la culture ne sont plus aussi authentiques qu’on voudrait encore le croire : requêtes décadentes des intermittents du spectacle, Parc Walt Disney à vocation rapidement « anti-culturelle », essor de lectures dérivées, mangas ou bandes dessinées divertissantes, succès doré incarné par le monde du show biz, etc. Le problème de définition semble alors tout autre : à quoi se limite donc la culture ? Quand peut-on dissocier la culture de la simple distraction ? On me condamnerait de dire qu’un jeu vidéo, ou qu’un parc d’attraction ne sont pas des biens ou sorties culturels… D’autres créateurs passionnés m’en voudraient d’oser affirmer le contraire…
Le domaine de la culture a été forcé à se développer trop vite, s’est vu donner un ministère, un large budget, de trop nombreux représentants, nationaux, régionaux, départementaux, communaux. Mais ce secteur avait-il réellement besoin d’être démocratisé pour exister ? Ne se suffisait-il pas à lui-même ? Les créations et projet artistiques et culturels se seraient-ils véritablement assoupis en cours de temps ?
Aujourd’hui la culture est règlementée comme n’importe quel autre secteur ; elle a clairement perdu de son authenticité. Et si parfois un film, un concert, une pièce de théâtre nous ont charmé au plus haut point, on serait bien déçu d’en connaître l’histoire, le clientélisme, l’origine de ses subventions, etc. : la culture doit tout d’abord rester ce à quoi chacun a choisi de s’intéresser, être une offre de créateurs convaincus plutôt que guidée par des intérêts purement mercantiles.
Quand à la bonne vieille définition de Cicéron « cultura anima est » (« la culture est l’âme de la philosophie »), n’y pensons même pas ! Qui donc réfléchira en regardant la première émission de télé réalité dégottée au zapping ?
La culture serait peut être finalement « ce qu’il reste quand on a tout oublié » comme le revendiquait Edouard Herriot, radical socialiste. Merci Edouard! Il semblerait qu’on t’ait un peu ignoré…
Hello Hipe the Hype
Ca va ? Alors cette escapade tunisienne? t'etais ou?
Alors tu fais bosser la famille ? c'est carrement un bon filon que tu as trouvé là ..Bienvenue à la sister .....meme si je ne suis pas tout a fait d'accord avec ce qu'elle raconte sur la culture!
Je suis terriblement en manque d'inspiration ..Jattends avec impatience la prochaine bourde de Schonberg ou de Chazal.
a quand tu veux pour un prochaine happy hour
bonne journée
bertrand
Bonjour HB! Merci de me répondre, je n'y croyais plus! bon tout de même un peu déçue de ne pas te lire mais bienvenue à la Louloutte Poivrotte! Malgré tout je vois que ce mot et ce qu'il englobe peut prêter à de nombreuses polémiques... moi non plus suis pas tout à fait d'accord avec tout le texte, il y a matière à un large débat! on n'a pas fini de parler culture...
On se rend souvent compte que les plus belles créations se sont faites à des moments boulversés de l'histoire : cf la culture à l'époque du mur à Berlin, à l'époque de Castro ou pendant la seconde guerre mondiale, notamment en France. Pourquoi ? Parce qu'il fallait défendre cette culture, parce qu'il fallait trouver une alternative. Au même titre, ne dit-on pas que les plus belles chansons, poèmes ont été conçus dans la douleur ?
Le but ultime n'est plus l'autodéfense mais la rentabilité, n'est plus la passion ou une certaine représentation de la réalité mais du marketing et ce, même en terme d'art et de culture. Depuis peu est apparu l'appelation d'"ingénierie culturelle" ; en résumé sa technique, sa science ; il s'agit aujourd'hui d'un véritable métier, qui fait du consulting au même titre qu'un ingénieur...
Il reste sûrement beaucoup de points à connaître, beaucoup de recul à prendre, beaucoup d'indulgence à conserver face aux domaines dont la crise a une cause compréhensible. Je m'en remets au temps, à plus d'expériences. Je garde malgré tout l'amertume et le sarcasme de ma première reflexion. L&P