
Peut-on encore échapper au Capharnaüm ?
Hypolite B. ausculte les 100 mots qui fâchent...
Définition: Lieu où s'entasse un bric à brac d'objets divers
Synonymes: Bazar, bordel, bric-à-brac, confusion, désordre, encombrement, entassement, fourbi, méli-mélo, pêle-mêle, pagaille ...
Citation: "Les bureaux du « génitron » en fait de terrible désordre, de capharnaüm absolu, de pagaye totale, on pouvait pas voir beaucoup pire... (...) un méli-mélo tragique, tout crevassé, décortiqué, toute l'œuvre à Courtial était là, en vrac, en pyramides, jachère..."
(CÉLINE, Mort à crédit)
Histoire: Capharnaüm, ville située au bord du lac de Tibériade, où Jésus fut assailli par une foule hétéroclite de malades faisant appel à son pouvoir guérisseur
La France semble être nouvellement atteinte d’un mal incurable : la rage du tout « gratuit ». Que vous traîniez dans les supermarchés, sur les journaux en ligne, aux abords des bouches de métro ou dans les syndicats d’initiative, tout est « gratuit ». Boulimiques, gavés comme des oies que nous sommes, le « gratuit » nous ouvre des possibilités encore inconnues de béatitude consumériste.
Quand je lis pourtant que Bouygues propose un « forfait gratuit pour le week-end », on me prend vraiment pour une cruche: la gratuité a un coût puisqu’à mon forfait 2 heures s’ajoutera un supplément substantiel pour palier ma fièvre téléphoneuse dominicale. Lorsque j’entend encore Raffarin annoncer en 2004 sur France Inter que 300 000 familles supplémentaires et leurs rejetons bénéficieront d'un accès gratuit aux soins dans le cadre de la réforme de l'assurance maladie, j’insiste : quand ce sont les impôts qui comblent le trou de la Sécu, faut-il forcément parler de gratuité ? « Un musée gratuit pour tous », lis-je encore sur le site de la mairie de Paris, suivi ailleurs de « Grippe : vaccins gratuits disponibles en pharmacie jusqu'au 31 décembre ». Je persiste et signe : est-ce Bill Gates le philanthrope qui va aller vacciner les Français, ou bien le service public qui va régler la note ?
« Gratuit » n’est, ni un contresens, ni un dérapage verbal, encore moins un abus de langage : c’est juste un beau mensonge. Gâtés pourris dans un pays où il fait bon être chômeur, retraité, grippé, chikungunyé et si possible en soins palliatifs, le mot « gratuit » nous berce inlassablement dans cette illusion douce qu’il n’y a pas de limites à nos caprices. Comment ensuite expliquer que les caisses sont vides quand le verni langagier nous laisse croire qu’il y en aura toujours pour tout le monde ? L’Etat a fini par devenir victime de ses bonnes intentions ; buffet retraites à volonté ! Open Bar sur l’assurance maladie ! Farandole de check-up hospitaliers ! Ah, j’oubliais : « le fric, on sait où il est », hein !
… et voilà comment le mot « gratuit », emblème d’un modèle de solidarité envié partout sur terre, est devenu le symbole le plus abouti de notre individualisme, de notre petitesse et de notre égoïsme.
Et oui un revenant!! Je suis dans le platre et la mécanique jusqu'au cou en ce moment... Bref que des bonnes excuses pour mon absence... hum...hum...
Domage que le placo et les réparations auto ne soient pas gratuits car franchement je me retrouve avec les mêmes comptes que la sécu... ;)
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Siyadurock, tu sera toujours le premier supporter de ce blog, tu as droit de préemption sur tout ce qui se dit sur cette page. Connaissant tes idées, j'avais cette intuition que ce post te plairaît, je te jure!
Je me suis lancé dans une politique proactive de rencontre des Capharnaümnautes récidivistes, mais je sais que tu n'es pas sur Paris: un jour peut-être ?
Hypolite
Pas l'temps d tout lire ....mais comme c'est ......GRATUIT :-)))) J'reviens ! Blog a soumettre a tous les ..regards !
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