Why ?

Peut-on encore échapper au Capharnaüm

Hypolite B. ausculte les 100 mots qui fâchent...

Capharnaüm ?

Définition: Lieu où s'entasse un bric à brac d'objets divers

Synonymes: Bazar, bordel, bric-à-brac, confusion, désordre, encombrement, entassement, fourbi, méli-mélo, pêle-mêle, pagaille ...

Citation: "Les bureaux du « génitron » en fait de terrible désordre, de capharnaüm absolu, de pagaye totale, on pouvait pas voir beaucoup pire... (...) un méli-mélo tragique, tout crevassé, décortiqué, toute l'œuvre à Courtial était là, en vrac, en pyramides, jachère..."
(CÉLINE, Mort à crédit)

Histoire: Capharnaüm, ville située au bord du lac de Tibériade, où Jésus fut assailli par une foule hétéroclite de malades faisant appel à son pouvoir guérisseur

Lundi 29 mai 2006 1 29 05 2006 19:43

Sont-ils vraiment des «kamikazes », comme la presse se plaît tant à les qualifier ? A la prononciation du mot, on associe, sans trop forcer ses neurones, un attentat suicide comme il en arrive tous les jours dans le monde. « Un kamikaze se fait exploser sur une base irakienne » (La Tribune, 6 mai 2006) ; « Trois personnes dont un kamikaze ont été tuées hier à Kaboul dans l'explosion d'une voiture piégée » (Tunis Hebdo, 24 mai 2006) ; « un kamikaze s'est fait sauter dans un restaurant du centre de Bagdad » (Nouvel Observateur, 21 mai 2006). La liste des brèves de ce genre pourrait alimenter les colonnes pendant des décennies encore.

Sans que l’on se plonge un instant dans l’histoire du mot.

Un kamikaze désigne depuis la seconde guerre mondiale un pilote d’avion japonais effectuant une mission suicide face aux américains, en projetant délibérément son avion contre les navires de l’ennemi. Aujourd’hui, le terme est dévoyé ; il s’emploie à toutes les sauces, sans qu’il soit procédé à la distinction de l’histoire : aux origines du mot, le kamikaze opérait à bord d’un appareil identifié, dans le cadre d’une armée régulière et en respectant les règles de la guerre conventionnelle, face à des ennemis définis comme tels. Rien de tout cela aujourd’hui, puisque les attributs de la guerre classique sont inexistants : pas de déclaration d’intention, pas d’uniforme, victimes non armées … les hijackers des attentats du 11 septembre ou les candidats au suicide se faisant sauter dans un marché au Moyen-Orient sont absolument tout, sauf des « kamikazes » : des « meurtriers » peut-être, mais pas des « kamikazes », puisque le droit international n’est pas respecté.

Le qualificatif rétablit pourtant une légitimité politique. Il pare les criminels d’une respectabilité inédite. Plus que de simples assassins, les « kamikazes » deviennent également des imposteurs de notre libre arbitre. Le terme induit inconsciemment cette perception pernicieuse du soldat romantique, prêt à donner sa vie pour une cause – ce qui est très respectable en soi, mais à condition que le « courage » ne soit pas dévoyé par la déloyauté.

Par Hypolite Brindavoine - Publié dans : Des mots pour faire du bruit
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