A en croire le nombre de calamités naturelles qui déferlent dans les colonnes des journaux, la France doit se situer, à l’insu même des sismologues, aux confins des plaques eurasiennes, africaines et arabiques réunies. J’envie le Japon et ses minables secousses hebdomadaires ; encore plus les Hawaïens, leurs volcans et les misérables fumeroles qui vont avec … non ! Avec tous ces séismes sociaux qui nous secouent, les vrais soldats du feu restent les Français. Dans l’hexagone, l’échelle de Richter est largement obsolète. De l’Elysée à Matignon, en passant par la moindre permanence d’un député de rase campagne, tous les bâtiments sont construits selon les techniques antisismiques les plus élaborées. De sorte que l’on puisse résister à ce qu’il est désormais convenu d’appeler, ni les ronronnements de la « France d’en haut » ; ni les grondements de la « France d’en bas » ; mais « les tremblements de la France du sous-sol ».
A en croire nos analystes politiques, le 21 avril ne serait rien de moins qu’un « tremblement de terre politique » ; Outreau ? Un « séisme judiciaire ». Voilà donc ce qu’en dirait la France « Eundeurgrounde ».
N’y a-t-il pas pourtant ici une erreur de diagnostic ?
Je m’amuse toujours à entendre nos politiques confier que les Français sont parfaitement imprévisibles. La faute au mot « séisme », peut-être… La référence à ce terme paraît entendue : il s’agit d’insister sur l’impact majeur de l’évènement, l’ampleur de l’onde de choc. Mais cela prête également le flan à une sorte d’irresponsabilité collective. Que peut-on bien faire face à un séisme ? Et pouvait-on le prévoir ? La qualification apparaît dès lors aussi innocente que perverse. Aussi bien intentionnée que sournoise. Paresse aidant, nous filons tout droit vers le prochain « séisme ». Je mets mon flair sismographique à rude épreuve : que dirions-nous d‘un prochain séisme en mai 2007 ?

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