Chers Capharnaümnautes, la communauté des casseurs de Capharnaüm s'élargit, avec l'entrée dans le giron de la lutte verbale de la bien nommée Loulotte Poivrotte. Loulotte a tenu à nous faire part d'une ébauche de réflexion sur ...
De même que tout le monde « fait du social », tout le monde semble « faire de la culture » dans sa vie quotidienne. Pas étonnant lorsque l’on réalise que le concept de « culture » est né d’un autre plus large, celui de « civilisation ». Il englobait alors morale, société, systèmes de valeur, styles de vie. D’autres, humanistes notamment, dotaient l’accès à la culture d’une dimension intellectuelle, voire spirituelle.
La culture, aujourd’hui, semble être restée dans les esprits une sorte de mélange plus ou moins harmonieux de toutes ces références. Le terme évoque aujourd’hui un domaine incompris, injustifié, faussé par son côté toujours plus économique. L’art et la culture ne sont plus aussi authentiques qu’on voudrait encore le croire : requêtes décadentes des intermittents du spectacle, Parc Walt Disney à vocation rapidement « anti-culturelle », essor de lectures dérivées, mangas ou bandes dessinées divertissantes, succès doré incarné par le monde du show biz, etc. Le problème de définition semble alors tout autre : à quoi se limite donc la culture ? Quand peut-on dissocier la culture de la simple distraction ? On me condamnerait de dire qu’un jeu vidéo, ou qu’un parc d’attraction ne sont pas des biens ou sorties culturels… D’autres créateurs passionnés m’en voudraient d’oser affirmer le contraire…
Le domaine de la culture a été forcé à se développer trop vite, s’est vu donner un ministère, un large budget, de trop nombreux représentants, nationaux, régionaux, départementaux, communaux. Mais ce secteur avait-il réellement besoin d’être démocratisé pour exister ? Ne se suffisait-il pas à lui-même ? Les créations et projet artistiques et culturels se seraient-ils véritablement assoupis en cours de temps ?
Aujourd’hui la culture est règlementée comme n’importe quel autre secteur ; elle a clairement perdu de son authenticité. Et si parfois un film, un concert, une pièce de théâtre nous ont charmé au plus haut point, on serait bien déçu d’en connaître l’histoire, le clientélisme, l’origine de ses subventions, etc. : la culture doit tout d’abord rester ce à quoi chacun a choisi de s’intéresser, être une offre de créateurs convaincus plutôt que guidée par des intérêts purement mercantiles.
Quand à la bonne vieille définition de Cicéron « cultura anima est » (« la culture est l’âme de la philosophie »), n’y pensons même pas ! Qui donc réfléchira en regardant la première émission de télé réalité dégottée au zapping ?
La culture serait peut être finalement « ce qu’il reste quand on a tout oublié » comme le revendiquait Edouard Herriot, radical socialiste. Merci Edouard! Il semblerait qu’on t’ait un peu ignoré…

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